Les lutteurs retraités en 2020 (2/2)

Deuxième partie de notre série sur les lutteurs ayant annoncé leur retraite en 2020. D’autres noms prestigieux sont concernés…

Kizakiumi Shinnosuke

Kizakiumi Shinnosuke (middle of the picture)

Age de retraite : 25 ans

Meilleur rang : juryo 3

La retraite du lutteur originaire de la région d’Okinawa a conduit Andy à s’insurger face au délicat problème des blessures dans le sumo. En effet, comment réagiraient les fans, si Takakeisho, Asanoyama ou Shodai devaient brutalement prendre leur retraite à cause d’une blessure mal gérée ?

Ici, la victime fut un lutteur moins prestigieux – mais le problème demeure le même : dans un communiqué, Kizakiumi a déclaré qu’une blessure chronique au cou, reçue suite à un combat, a précipité sa retraite surprise. Une carrière prometteuse a à nouveau été fauchée. Kizakiumi a débuté sa carrière comme sandanme tsukedashi (un système réservé à quelques jeunes talents, leur permettant d’éviter le mae zumo et de devoir grimper les échelons depuis le jonokuchi), en mars 2018. Il s’est retrouvé dans les premiers rangs de makushita, deux basho plus tard seulement. Il a atteint le rang de juryo après un seul make koshi en huit tournois! Si Kizakiumi a connu un tournoi catastrophique alors que le makuuchi se rapprochait (3-12 au rang de juryo 3), il est resté un lutteur solide de juryo, et manque déjà à ses fans.

Toyonoshima Daiki

Toyonoshima Daiki

Age de retraite: 37 ans

Meilleur rang: sekiwake

Nombre de yusho (makuuchi): 0

Nombre de kinboshi: 4

Le monde du sumo a perdu un grand lutteur, ainsi qu’une personne adorable. Malheureusement pour lui, Toyonoshima n’a pas pu voir son dernier voeu exaucé, avant de prendre sa retraite – affronter une dernière fois son ami Kotoshogiku. ‘Giku s’est maintenu un certain temps au rang de maegashira, alors que Toyonoshima n’a pas pu endurer la rigueur de la première division, malgré d’ultimes apparitions en 2019.

Toyonoshima fut auparavant un adversaire redoutable, en dépit de sa petite taille – 1m70 seulement. Il est allé jusqu’au rang de sekiwake, a causé de nombreux maux de tête à Harumafuji – il a obtenu trois kinboshi face à lui, entre 2013 et 2015, tandis que sa toute première “étoile dorée” fut remportée face à Hakuho, dès 2007!

Il est intéressant de remarquer que Toyonoshima fut l’adversaire le plus original, rencontré par Hakuho dans un playoff – le yokozuna a fait face à d’illustres adversaires, tels qu’Asashoryu, Harumafuji et Kakuryu. Ce playoff eut lieu à Kyushu en 2010, où Toyonoshima sembla imbattable – il terrassa en chemin les ozeki Baruto, Kaio, ainsi que Kakuryu (alors sekiwake).

En 2020, Toyonoshima s’arrêta de combattre, et mit un terme à une impressionnante carrière, longue de dix huit années.

Sokokurai Eikichi

Sokokurai Eikichi

Age de retraite : 36 ans

Meilleur rang: maegashira 2

Nombre de yusho (makuuchi): 0

Nombre de kinboshi : 1

Sokokurai a connu une longue carrière, où plusieurs périodes peuvent être distinguées. Ayant fait ses débuts dans le monde du sumo en 2003, Sokokurai eut besoin de plus de six années pour atteindre les rangs salariés: il participa à son premier tournoi en juryo en janvier 2010. Plus tard, il ne quitta les deux premières divisions qu’en… 2018! En réalité, le lutteur chinois fut contraint de prendre sa retraite en 2011, alors classé maegashira 16, à la suite du scandale relatif aux matches truqués. Sokokurai a toutefois souhaité établir son innocence, et vit en effet la décision de l’association des sumos annulée par les tribunaux. Il retourna alors parmi les sumos, au rang honorable de maegashira 2015, en juillet 2013.

Le point culminant de sa carrière se produisit sans doute au même moment qu’Arawashi, au début de l’année 2017. Après un remarquable résultat de 12-3 (vice-champion) en janvier, il fut propulsé à son meilleur rang, maegashira 2, où il remporta son seul kinboshi après une victoire face au yokozuna Harumafuji.

Toutefois, Sokokurai ne put pas maintenir son excellente forme, et finit à vrai dire en juryo, trois tournois plus tard seulement, après de grands make koshi. Sokukurai fit quelques va et vient, s’installa principalement en juryo, où il espéra se maintenir jusqu’au jour où il allait prendre le commandement de l’écurie Arashio, alors que l’âge de la retraite de son oyakata approchait. Il fut relégué en makushita au début de l’année 2020, et prit la suite de l’écurie, comme convenu.

Sans nul doute, les membres d’Arashio – les plus connus étant les frères Onami (Wakatakakage, Wakamotoharu et Wakatakamoto) et Kotokuzan – pourront grandement bénéficier de l’expérience de leur aîné.

Kotoshogiku Kazuhiro

Former ozeki Kotoshogiku Kazuhiro

Age de retraite : 36 ans

Meilleur rang: ozeki

Nombre de yusho (makuuchi): 1

Nombre de kinboshi: 3

Assurément, un grand nom qui a quitté le dohyo cette année. Tout n’a-t-il pas déjà été dit le concernant? Sans nul doute, le lutteur-qui-n’a-jamais-commis-de-henka a offert à ses fans leur lot d’émotions.

En réalité, Kotoshogiku a été promu au rang d’ozeki juste avant Kisenosato – ‘Giku fut promu après le tournoi d’Aki de 2011, tandis que le futur yokozuna fut promu après le tournoi de Kyushu, la même année. Ses débuts en tant qu’ozeki furent plutôt convaincants – il remporta 11 matches, pas aussi bien que Hakuho comme ozeki (vainqueur avec 14 victoires), mais aussi bien que les débuts de Terunofuji en tant qu’ozeki.

Bien sûr, Kotoshogiku fut par la suite connu comme étant l’un des “frères kadoban” – le nom de l’autre frère est inscrit dans la première partie de cette série d’articles… Il se retrouva en danger d’être rétrogradé pas moins de sept fois, avant se perdre définitivement son rang en 2017.

Mais avant cela, l’ozeki nous offrit une aussi surprenante que remarquable “folie Kotoshogiku”. Ses attaques de type gaburi, typiques de sa part, furent simplement mortelles durant le tournoi de janvier 2016 – il a battu les trois yokozuna à la suite (Kakuryu, Hakuho, Harumafuji), et souleva la coupe de l’Empereur avec une performance de 14 victoires pour une seule défaite. De manière ironique, sa seule défaite fut obtenue face à son ami de longue date, Toyonoshima! Par cette performance, Kotoshogiku mit fin à la malédiction, en devenant le premier lutteur japonais à remporter un tournoi depuis Tochiazuma, dix années auparavant.

Le lutteur originaire de Fukuoka se trouva en position d’être promu yokozuna. Cependant, il ne put continuer de “gaburi-er”, et finit le tournoi suivant avec une maigre performance de huit victoires pour sept défaites. Son rang d’ozeki fut tristement perdu une année après.

Croyez-le ou non, mais les trois kinboshi qu’il a remportées le furent durant sa carrière post-ozeki! Kakuryu, Kisenosato et Hakuho succombèrent tous les trois au sumo offensif du vétéran.

En tout et pour tout, Kotoshogiku continua à combattre pendant plus de trois années parmi les maegashira. De façon générale, il me fait penser à l’ancien ozeki Kirishima – le même prénom, une ascention lente débouchant sur une promotion au rang d’ozeki, un unique yusho, une carrière post-ozeki et une retraite prise après une rétrogradation en deuxième division.

En fait, contrairement à Kirishima, Kotoshigiku a poursuivi ses efforts jusqu’au bout du bout…

Gagamaru Masaru

Gagamaru Masaru

Age de retraite : 33 ans

Meilleur rang : komusubi

Nombre de yusho (makuuchi): 0

Nombre de kinboshi: 1

Malheureusement, la retraite de Gagamaru était quelque chose d’attendu. En réalité, Gagamaru n’a pas remporté une seule victoire en 2020, n’a combattu que deux fois, et perdit par fusensho. Par conséquent, il a fini en division jonidan.

Gagamaru a une personnalité appréciable, fut fond de tristesse – il a expliqué vouloir combattre et gagner sa vie, afin de pouvoir assurer un traitement à sa mère malade. Malheureusement, sa mère décéda alors que Gagamaru était toujours un lutteur actif.

Sa carrure imposante – plus de 200 kg à une certaine époque – a toujours constitué une menace pour ses adversaires. Il obtint son seul kinboshi en 2015, contre le yokozuna Harumafuji. Sa dernière apparition en makuuchi eut lieu en juillet 2019.

Vers la fin de sa carrière, il fut possible d’observer des lutteurs tels qu’ Ishiura, Chiyoshoma ou d’autres, réaliser d’innombrables henka sur le grand Géorgien. Le comptage des kimarite suggère toutefois qu’il n’en a fut pas victime TANT de fois que cela – seulement 37 défaites par hatakikomi sont recenées.

Mais quand Gagamaru put imposer son fort sumo de type yotsu, ses adversaires risquaient fort d’être balayés hors du dohyo. Irodori fut le dernier adversaire à connaître la défaite face à l’ancien komusubi.

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